5 conseils avant d’envoyer son manuscrit aux éditeurs

Image Un manuscrit sur 5000 envoyé aux maisons d’édition est publié chaque année. Comment mettre toutes les chances de son côté ?

1- La relecture, c’est la clé

Vous venez d’écrire le mot « fin ». Les choses sérieuses commencent !

Lisez, relisez et faites lire votre manuscrit autour de vous. Si vous n’avez pas de gens de bonne volonté dans votre entourage, inscrivez-vous vite sur un site de beta-lecture, comme CoCyclics ou le Co-Lecteur.

Un bon truc (si vous en avez le courage), c’est de lire le texte à haute voix pour en traquer toutes les imperfections.

Le fond

Demandez à vos lecteurs de vous signaler les passages ennuyeux et confus, les incohérences, les invraisemblances dans l’action et dans la psychologie des personnages. Le sujet est-il assez fort pour les pousser à poursuivre leur lecture ? L’histoire tient-elle la route ? Les personnages sont-ils attachants? Le texte original et la voix intéressante ?

Votre premier chapitre doit tendre vers la perfection, c’est la carte de visite de votre livre. Idéalement, à la fin de ce chapitre, le lecteur doit être suffisamment intrigué et pris par l’histoire pour continuer à lire. Soignez également votre fin. Les comités de lecture n’ont pas le temps de lire en entier tous les manuscrits qu’ils reçoivent, alors il faut leur donner l’envie de se plonger dans votre roman.

Le style

Le mieux est l’ennemi du bien. Un mot précis et bien employé vaut mieux que deux qualificatifs approximatifs, les adverbes sont à utiliser avec modération, attention à l’abus de clichés (littéraires ou autres). Traquez les fautes de syntaxe et d’orthographe, elles défigurent votre manuscrit. Un premier gros tri est effectué sur le niveau de langue.

2- L’information est un atout précieux

N’hésitez pas à traîner dans les librairies et sur les sites de vos éditeurs préférés. Vous aurez ainsi un aperçu des romans qui ont séduit les comités de lecture (qu’elle qu’en soit la raison). Feuilletez-les, étudiez-en la structure (chapitrage, nombre de pages, etc.), lisez-les si possible : qu’est-ce qui vous plait ou vous déplait dans ces livres ? Qu’est-ce qui fait que vous ne pouvez vous empêcher de tourner les pages (ou au contraire de reposer le livre sans autre forme de procès ?).

Appliquez cette attitude de « lecteur pur » à votre livre.

L’achèteriez-vous si vous le trouviez sur la table de votre libraire ? Chez quel éditeur pourrait-il paraître en toute cohérence ? Cela vous permettra à la fois d’avoir un avis plus neutre sur votre roman et aussi d’éviter d’envoyer votre manuscrit chez un éditeur qui ne lui convient pas (et vice-versa).

3- Le manuscrit doit être réglementaire

Votre manuscrit doit être conforme « techniquement » à ce que demandent les comités de lecture. Les directives sont souvent données sur les sites des maisons d’édition, n’hésitez pas à les consulter. Pour résumer, plus c’est neutre, mieux c’est !

  • pas de polices fantaisistes, pas de mise en pages pour faire « livre », pas de couverture illustrée, pas de pages de couleur.
  • du Times New Roman en 12 avec un interligne 1,5 ou 2.
  • une marge à gauche de 4 centimètres.
  • le texte doit être mis en page  : paragraphes justifiés, alinéas, pas de sauts de lignes intempestifs, etc.
  • les dialogues commencent par un tiret cadratin (dans Word, pour obtenir un tiret cadratin : ctrl+alt+(tiret sur le clavier numérique))
  • le manuscrit sera imprimé en recto uniquement
  • les feuilles doivent être numérotées, le pied de page doit comporter le nom de l’auteur et le titre du roman
  • la page de garde doit comporter vos coordonnées, le titre du roman, votre nom (préciser pseudo si c’est votre souhait), et le nombre de signes espaces compris.

4-La lettre d’accompagnement et la communication avec les éditeurs sollicités.

La lettre d’accompagnement présente votre manuscrit, c’est souvent le premier texte qu’on lira de vous (et parfois le seul). Elle doit être claire et sobre, et sans fautes d’orthographe.

DON’T

Ne vous mettez pas en avant, sauf si votre expérience ou vos compétences sont un plus pour le manuscrit (ex: vous êtes un pompier, neurochirurgien, policier qui écrit un thriller situé dans ce milieu) et encore. Ne parlez pas de vos amis et de votre famille (ma belle-mère a adoré le roman etc.). Le plus important, c’est le manuscrit, pas vous.

Evitez de vous vanter et de comparer le roman à des succès commerciaux (« mon roman, Le codex de Pont-à-Mousson, c’est le Da Vinci Code en mieux, etc).

Ne soyez pas agressif (« si tu le lis pas, c’est ton choix mais je sais où tu habites »), défaitiste (« je sais que c’est un peu nul, mais qui ne tente rien… »), conspirationniste (« je sais que vous allez caler une table avec parce que ça ne marche que par copinage, mais à tout hasard… »).

Ne harcelez pas les éditeurs par mail ou téléphone, c’est contreproductif. Ils ne vous doivent rien, n’étant ni conseillers littéraires, ni bénévoles dans un atelier d’écriture, ni psy.

DO

Personnalisez la lettre en incluant une phrase sur l’éditeur à qui vous envoyez le manuscrit, cela montre que vous avez fait des recherches et que vous pensez que le manuscrit correspond à leur ligne éditoriale.

Incluez une phrase ou deux pour résumer le roman dans le corps de la lettre, si elles sont bien tournées, ça ne peut pas faire de mal. Avant de se lancer, il faut maîtriser l’art délicat du pitch.

Terminez par les formules de politesse habituelles.

5 – Resistez aux sirènes de l’édition à compte d’auteur et autres éditeurs qui ne le sont que de nom

L’édition à compte d’auteur, c’est le mal !

  • Un bon éditeur ne vous demande pas d’argent, il vous en verse.
  • Un bon éditeur ne vous demande pas de faire les corrections du livre.
  • Un bon éditeur ne vous demande pas de faire vous-même toute la promotion du livre.
  • Un bon éditeur ne vous demande pas de vendre le livre à sa place : il dispose d’un bon réseau de distribution.

À vous de jouer !

Publicités

7 réponses à “5 conseils avant d’envoyer son manuscrit aux éditeurs

  1. Bonsoir !
    L’alinéa avant le début de chaque paragraphe doit être de combien, svp ?
    Merci pour tous ces conseils 🙂

    • Bonjour Zineb,

      Ne jamais utiliser la touche « Tab» pour obtenir un retrait d’alinéa
      Il faut passer par word : Format/Paragraphe/Retrait et espacement. Choisir un retrait de 0,6 par exemple et valider.
      Tu trouveras ici plein d’autres subtilités techniques pour « configurer » ton manuscrit : http://espacescomprises.com/presenter-son-manuscrit/
      J’espère que cela te sera utile.

  2. Vraiment sympa ton blog! les articles sont pertinents et de qualité je trouve! je lance moi aussi un blog et j’espère pouvoir arriver au même résultat un jour 🙂

  3. Tellement de question qui trouvent enfin des réponses simples et utiles… Tout ça me redonne le courage dans l’écriture 🙂

  4. Que c’est pédagogique! Bravo… Si je me lance un jour je reprendrais tout ce « mode d’emploi sur l’envoi de manuscrit ». Très utile.
    On sent bien le vécu… En tout cas ça a marché, c’est sympa d’en faire profiter les autres.

Commentez !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s